Rémi Tamain – La Porcherie

Rémi Tamain :

Rémi Tamain appartient à cette génération d’artistes qui s’amusent des échos référentiels de l’histoire de l’art et des œuvres promues au rang d’icône et reconnaissable par tous.

Ces références s’articulent depuis une « histoire » culturelle globale comme des clichés de classe sociale, d’être ou ne pas être d’un sérail que tout sépare.

Même si il joue de ces codes culturels, de ces va-et-vient, il s’attache davantage à des objets ou des productions comme des cabines de bains fin de siècle, ou l’idée de jardins à la française où Alice s’égare, plutôt qu’à des oeuvres picturales en tant que telles.

Depuis des situations décalées liées à sa propre origine et condition sociales, Rémi Tamain élabore un ensemble d’objets, de photographies, de sculptures, et constitue à chaque production, un élément supplémentaire de son vocabulaire et d’une syntaxe personnelle. C’est ce frottement des origines avec sa pratique artistique qui constitue à cet instant la source de son imaginaire et produit un sourire, un rire débarrassé de sa graisse.

Ici, aucune incongruité, mais l’appui d’un humour élégant qui jalonne tout son oeuvre en construction, dont Le nid, renferme en une pièce l’humour gracieux et le grincement formel de ses productions. Cette ornementation paysagère, comme phalanstère, propose aux volatiles un espace de vie et de travail tout en harmonie sur cette terre d’accueil.

Ces nouveaux foyers, sortes d’habitations à loyer modéré, sont accrochés au pommier dans un espace que l’on soupçonne être pour une contemplation privative. Cet accrochage de plein air est une sorte de « mise en demeure » des références circassiennes qui jalonnent le travail de Rémi Tamain et de cette obligation à la tenue, à l’élégance qui le constitue et que son travail impose parfois comme Miroir aux alouettes.

L’aspect a priori ludoéducatif des travaux de Rémi Tamain recèle parfois un regard chargé d’une humeur noire et d’une nostalgie poétique, mais dont la politesse de l’humour esquive le pathos.

Langueur dont certains pairs contemporains de Rémi Tamain forment un ensemble, d’Erwin Wurm à Philippe Ramette ou plus anciens, comme Buster Keaton et Jacques Tati.

La Porcherie :

Ce lieu, au cœur de la Côte d’Or, est ainsi nommé en raison de son histoire. Dès la fin du 19e siècle et jusque dans les années 50 il abrita un lieu de transit de porcs (environ 350 à 400 cochons passaient dans ses murs) puis il se vit recevoir des moutons pour le même commerce. Dès 1963 les propriétaires créèrent un négoce de matériaux de construction. Ce dernier, racheté en 1980 par mes parents perdurera jusqu’à la mi 2007.

Le lieu d’exposition et d’expérimentation d’art contemporain que je souhaitais prit le pas sur les parpaings.

Pourquoi ce nom, La Porcherie, me direz-vous? Très simplement par le fait que les lieux n’ont pas perdu leurs dispositions d’origine, c’est à dire que les stalles sont toujours là après un petit siècle et que l’âme des porcs flotte toujours.

Ma volonté, dans cet espace qui propose plusieurs salles (grandes et petites ainsi qu’un extérieur en la présence d’un verger lui aussi quasi centenaire), est de présenter de jeunes artistes et de leur laisser, autant que faire ce peut, les latitudes les plus larges. Mais aussi des artistes plus renommés qui souhaitent participer à cette aventure. Dans la mesure ou le dialogue est nécessaire pourquoi  ne pas mettre en relation des novices et des artistes confirmés?

Ce lieu est une chance pour moi et je me dois donc de le faire partager. C’est un atelier, mais cela peut très bien être aussi le lieu d’expérimentation d’artistes divers.

La Porcherie. est une sorte de “no man’s land”. En effet, il est d’un côté ouvert vers l’ancienne nationale 5 qui la borde et de l’autre elle s’ouvre sur les champs; entre urbanité et ruralité, telle est sa place. C’est un laboratoire d’idée qui se trouve nourrit par celles de 96 artistes ayant déjà oeuvrés dans ou hors les lieux depuis 14 ans. C’est un lieu de découverte artistiques pour quelques 328000 visiteurs. Et c’est un espace fantasque, autant que celui qui l’a créé.

L’espace se compose de salles oscillant entre 25 et 200m2 et d’un verger d’environ 5000m2.

D’un point de vue pratique, La Porcherie se situe à 2h30 de Paris et de Lyon, 3h30 de Genève par l’autoroute A6, 1h de Paris par la gare SNCF de Montbard, 2h55 de Bruxelles et 30min de Dijon par la gare SNCF de Les Laumes/Alésia.

Rémi Tamain
Artiste plasticien
P/ +33(0)6 343 369 91
tamainremi@gmail.com
www.remitamain.com